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Publié par Docteur Henri-Michel PORTE

Les Vaccinations de nos Enfants : Vaste sujet de Santé Publique.

Par quel bout doit-on l'aborder ? :

- La prévention ?

- Le risque thérapeutique ?

- La pression des lobbies ?

- Le coût pour les finances de la Sécurité Sociale ?

Certains se serviront de « la fièvre acheteuse », des dépenses incongrues et de la stupidité des décisions, prises par une certaine Ministre de la Santé, lors de l’e l’épidémie de Grippe H1N1 en 2009… pour justifier le refus de la vaccination. Et hélas depuis cette date il est de plus en plus difficile de convaincre certains patients pourtant plus à risques que d’autres de se faire vacciner chaque hiver

Combien de fois n’a t-on pas entendu : j’ai fait la grippe après qu’on m’avait vacciné… ce qui est faux, la coïncidence ayant été qu’ils étaient vraisemblablement en pleine incubation ou que ce n’était tout simplement pas la « vraie » grippe »…

D’autres encore indiqueront que grâce à l’extension de la vaccination les laboratoires pharmaceutiques se rempliront les poches, et certains esprits retors diront que ce serait des renvois d’ascenseur politico-financiers …

D’autres enfin que cela accroitra les dépenses de Sécurité Sociale, oubliant que ces maladies contagieuses peuvent avoir des complications graves, invalidantes, et parfois mortelles et que les couts induits seront largement supérieurs à ces dépenses de prévention.

Avec mes 41 ans d’expérience et de pratique, comme médecin de famille, dans les quartiers Nord de Marseille, je pense que les vaccinations doivent être pratiquées à tous nos enfants (bien sur en vérifiant pour chaque enfant s’il y a ou non des limites ou contrindications individuelles), en suivant le calendrier vaccinal qui évolue chaque année.

Les rappels à 10 ans doivent être pratiqués chez les adultes (notamment la vaccination antitétanique) de même que la vaccination Grippale qui doit être proposée aux personnes contacts de par leur profession, aux personnes âgées et aux personnes porteuses de maladies cardio vasculaires, pulmonaires, diabétiques ou autres affections chroniques sévères.

Plus la couverture vaccinale sera importante moins les épidémies se déclencheront et plus facilement ces affections contagieuses seront éradiquées…

Je voudrais commencer par ces quelques notions d’épidémiologie et géostratégiques : en Afrique, au Sahel, plus précisément, si les journées sont très chaudes, les nuits sont très froides… Le climat lui-même offre des saisons bien tranchées : à la saison des pluies, courte (juillet-septembre) et parsemée d'orages violents, succède une saison assez chaude, rendue pénible par un air encore humide (octobre- début novembre). Vient alors la froide (décembre à mars), où les nuits presque glacées obligent les nomades à allumer du feu au petit matin, car ils ne sont jamais assez couverts pour affronter la froidure nocturne. Progressivement, la fraicheur disparaît, et la saison chaude s'installe (mars à juin), jusqu'aux premiers orages. L'alimentation suit le rythme des saisons : abondante en saison des pluies, et presque exclusivement à base de laitages, elle se diversifie au cours de la saison sèche avec un plat de mil, de sorgho ou de graminée sauvage presque quotidien. La période de soudure est celle de la canicule, lorsque les pâturages n'offrent qu'une paille asséchée aux animaux, qui ne livrent alors qu'un lait parcimonieux.

La nourriture, saine dans l'ensemble, devient alors souvent insuffisante ou déséquilibrée.

La lutte contre la chaleur et l'hygrométrie use les organismes, élimine les faibles et sacrifie de très nombreux jeunes, enfants ou animaux.

Les principales maladies contagieuses sont :

- La rougeole, particulièrement grave dans les pays sahéliens par les complications pulmonaires qu'elle entraîne. Un enfant sur quatre mourait de cette affection chez les nomades avant les campagnes de vaccination entreprises depuis 1964.

En 1967, en suivant des Illabakan à la cure salée, nous avons assisté à la vaccination de la plupart des enfants contre la rougeole.

Or en avril 1968, une grave épidémie se déclara, et autour de la seule station de pompage d'In Aggar, dix enfants Illabakan en moururent. Il y eut également de nombreux décès dans les campements des tribus voisines.

C’est dire combien la rougeole reste meurtrière malgré les campagnes de vaccination entreprises.

La rougeole, disent les nomades, sévit surtout au début de la saison des pluies.

Elle peut rendre aveugle, et pour éviter cela, il faut empêcher le malade de dormir, et on lui verse du sable fin dans les yeux pour le tenir éveillé. Mais il faut avant tout tenir le malade à l'abri du vent, dans un coin isolé. Ce peut être une partie de la tente, protégée par la natte-paravent.

Le malade fiévreux est mis à la diète pendant les quelques jours de fortes fièvres, puis on lui donne tous les plats les plus courants, mais exclusivement froids : lait, boule, pâte de mil, qu'on laisse refroidir. On peut aussi mettre sur le corps du malade de l'argile rouge, étendue d'eau. D'autres vannent du son de mil sur le corps.

- La variole est en régression depuis que les campagnes de vaccination se sont développées.

Mais elle n'est pas éliminée pour autant, et certaines années, des épidémies se répandent. Les Touaregs pratiquaient autrefois la vaccination en faisant des scarifications sur le bras, sur lesquelles on introduisait le pus des boutons d'un malade.

Comme pour la rougeole, on dépose le malade dans un endroit abrité, et bien au chaud, pour permettre aux boutons de sortir. Certains mettent même le malade dans un trou creusé dans le sable, chauffé par les rayons du soleil. Il arrive qu'un malade ne soit que légèrement atteint, et qu'il se croie guéri. La maladie peut alors reprendre, beaucoup plus gravement qu'à la première atteinte. Cela arrive aux gens qui se relèvent trop vite. Ce fait d’être incomplètement guéri est dit tazerit, et n'est pas uniquement le fait de la variole.

- La coqueluche, attaque surtout les enfants. On sait que la coqueluche est contagieuse, et qu’elle n'atteint pas deux fois le même individu. Comme médication on fait cuire des pintades ou des lapins dans du beurre, et on donne cette viande à manger au malade. On lui donne aussi à boire du lait d'ânesse.

- La varicelle est contagieuse. Son traitement se rapproche de celui de la rougeole. Le malade est mis au chaud, à l'abri du vent, et on lui apporte de la nourriture fraîche, jusqu'à sa guérison.

 

 

Quid des Vaccinations ?

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